Du 21/08/2015 au 22/08/2015….fin du voyage !

24 août 2015

Vendredi 21 Août : en mer

Au près très serré mais par vent de Sud paresseux et mer plate nous naviguons « tout dessus » appuyés au moteur à 4,5 nœuds mais pile au cap. Le temps est magnifique sans un nuage et Thaï glisse doucement sur l’eau ; quelques dauphins nous rejoignent. Le vent adonne dans l’après-midi et passe Nord-Nord-Est : une superbe navigation, grand largue, s’offre à nous ; beau cadeau des éléments pour se faire pardonner de nous avoir quelquefois un peu trop secoués !

Samedi 22 Août : Arcachon

A 2 h du matin le vent tourne et se présente face à nous (aie, ce n’est peut-être pas encore gagné) mais la mer reste gérable et on peut relancer le moteur : nous sommes presque arrivés. A 6 h nous faisons des ronds devant la bouée d’atterrissage des passes d’Arcachon pour attendre que le jour se lève. A 7h15 on distingue les premières bouées du chenal : on entre au Bassin avec le courant, par mer plate, bon vent et à 9 h Thaï reprend sa place au ponton. La boucle est bouclée .

Du 18/08/2015 au 20/08/2015

21 août 2015

Mardi 18 et mercredi 19 Août : CARNAC 47°33 par 3°04

Si on veut rapidement reprendre pied dans la civilisation, il suffit d’arriver en plein mois d’Août sur une plage bretonne : bain de foule assuré mais…bonnes crêpes .

Jeudi 20 Août : en mer

11 h on lève l’ancre et cap sur Arcachon. Alain a réussi à grimper au mât malgré le clapot pour refixer la drisse de génois. Il s’est enfoncé dans la main un brin d’acier qui dépassait de l’étai et avec l’altitude et le vent il y a eu du sang partout, pont et voiles, mais heureusement il n’a pas lâché prise ! Et on a pu remettre le génois en place après un beau pansement. Le ciel couvert le matin s’est bien dégagé l’après-midi. Partis à la voile le vent est devenu de plus en plus paresseux et on continue au moteur, génois roulé, grand voile et artimon hissés. Mer plate sans une ride, coucher de soleil superbe. Minuit, nous longeons l’île d’Yeu en la laissant à bâbord.

Du 16/08/2015 au 17/08/2015

20 août 2015

Dimanche 16 Août : 48°28 N par 5°40 W à 10 h GMT = 98 milles en 24 h

A 1 h du matin nous passons la « frontière » Channel-Manche et naviguons en eaux territoriales françaises quittées depuis 4 mois. Vent faible et de face, courant contre nous sommes toujours au moteur et ne dépassons que rarement les 4 nœuds ; Alain décide de hisser les voiles : tant pis pour le cap direct, on tirera des bords mais il faudrait un peu plus de vent car au bout de 4 h non seulement on fait cap au Sud-Sud-Ouest au 205° mais pas à plus de 3 nœuds. A 16 h nous craquons : moteur. La bouée que nous devons virer, l’Occidentale de Sein, balisant l’extrémité de la Chaussée de Sein, pointe extrême Ouest de la Bretagne, nous semble bien lointaine. Mais il fait beau et la mer est belle et si ce n’est notre (et surtout « mon ») impatience d’arriver, la journée serait agréable. 21 h le courant est enfin avec nous, le vent s’établit, léger, au bon plein et nous sommes à 6 nœuds : c’est bon pour le moral. Le coucher de soleil est magnifique. La veille commence ; nous ne sommes plus sur la route des cargos, reste à surveiller les chalutiers.

Lundi 17 Août : 47°35 N par 3°49 w à 10 h GMT = 105 milles en 24 h

Nuit correcte malgré de nombreux chalutiers. Il fait un temps superbe, mer plate mais le peu de vent est toujours de face. Donc : moteur , moteur , moteur …. A midi on déjeune sur la plage avant, au soleil. Nous sommes à 34 milles de Carnac, soit 8 h, notre prochaine escale. Plus l’arrivée approche et plus le temps semble s’écouler lentement. Quelle belle école de patience que la voile ! Vers 18 h un petit vent frais bien établi nous permet de traverser la Baie de Quiberon sous voiles, au bon plein. 20 h, nous sommes mouillés devant la plage, au calme. Enfin une bonne nuit en perspective.

Du 14/08/2015 au 15/08/2015

20 août 2015

Vendredi 14 Août : en mer

Le vent de Nord-Ouest assez fort, rendant le mouillage assez inconfortable, nous incite à partir ce matin ; « Un tel vent c’est de l’or » décrète Alain ; c’est sûr il nous pousse et je commence à en avoir l’habitude, çà « dépote » ! : vent 25 à 28 nœuds grand largue, mer formée, génois tangoné tribord, Thaï et son capitaine se sentent pousser des ailes, on frôle les 9 nœuds ; çà sent l’écurie ! Alain reste toutefois dans le cockpit à surveiller le pilote de près : à cette vitesse et sous tangon ce n’est pas le moment d’empanner ! Leur petit coup de folie a duré 5 h et il a fallu tout de même réduire la toile. Puis le vent se calme enfin un peu, vient plus travers et il faut passer le génois bâbord mais le tambour de l’enrouleur se bloque et la bagarre fût rude dans le roulis et les vagues pour décoincer le bout (prononcer « bout’ »). Dans l’après-midi le vent à 18 nœuds et la mer moins forte nous permettent de souffler un peu. On a parcouru 60 milles en 8h .

Samedi 15 Août : 49°42 N par 7°14 W à 1Oh GMT = 140 milles en 24 h.

Nuit plus qu’agitée. A 1h du matin Alain a voulu empanner mais pendant la manœuvre la drisse du génois s’est cassée et la voile s’est retrouvée à moitié dans l’eau, en partie sous l’étrave ; quel travail pour tout remonter à bord et le rouler sur le pont ! Nous sommes sous grand voile seule, pas vite car le vent s’est heureusement calmé. Alain va endrailler le foc de route sur l’étai largable. Nous ne sommes plus qu’à 3,5 nœuds dans une mer bien apaisée. On a bien fait de prendre de l’avance, hier. A 7h nous sommes toujours grand largue et Alain hisse la voile d’étai pour essayer de grignoter quelques dixièmes de nœuds. 10h nous quittons le Mer d’Irlande, ou Mer Celtique, et commençons la traversée de La manche. Il fait très bon, 16°, beau temps, légère houle, vent faible. Enfin de bons moments de navigation avec déjeuner dans le cockpit au soleil. 16 h le vent tombe, il faut affaler la voile d’étai, le foc et mettre le moteur. 21 h je prends mon quart, toujours au moteur. Le passage des rails de cargos, montant et descendant la Manche, dit rail d’Ouessant, demande une attention maximum.

Du 12/08/2015 au 13/08/2015

14 août 2015

Mercredi 12 Août : BALTIMORE 51°29 N par 9°22 W à 16 h GMT = 107 milles en 22 h

Nuit perturbée par les chalutiers, nous reprenons les quarts 2h-2h. Pas de problèmes majeurs. On longe les Skelligs vers 5h du matin en les laissant à bâbord. Le temps est de plus en plus beau, mer plate, sans vent, toujours au moteur. Apéro et déjeuner dans le cockpit avec la côte qui défile, superbe, rocheuse et malgré tout aux pentes verdoyantes. Belle navigation : 4 nœuds contre le courant, 7 noeuds avec lui. Inimaginable quelques heures auparavant : je peux faire une sieste au soleil allongée sur le rouf. Nous sommes sous le vent de l’Irlande : çà sent bon la terre Arrivée à Baltimore à 16 h GMT. Joli petit port avec de nombreux bateaux amarrés dans cette très large baie. Nous prenons nous aussi un corps-mort et restons à bord : on a besoin de se relaxer et d’apprécier un tel calme après nos 12 jours de mer assez souvent capricieuse.

Jeudi 13 Août : Baltimore

Chaleur ; presque trop de chaleur. Je recherche des habits plus légers ; cela fait tout drôle de se retrouver en tee-shirt. 10 h Alain gonfle l’annexe et nous allons encore une fois à la recherche, non d’un supermarché devenu moins capital, mais de gas-oil. Repas à bord : choucroute ; il faut écouler nos provisions « d’hiver ». Puis grande balade dans les vertes collines au milieu  des fougères, des bruyères, de boutons d’or et de quelques épineux. Bien sûr nos pas nous dirigent vers les hauteurs avec vue imprenable sur la baie et les nombreuses îles environnantes et toujours plus haut pour voir …la mer ! Beaucoup d’élevage, beaucoup de clôtures : on doit franchir un  portail mais un grand panneau « PRIVATE KEEP OUT » nous accueille ; nous allons rebrousser chemin quand le propriétaire qui rentre ses vaches nous adresse de grands signes et nous autorise à passer avec un grand sourire. « KEEP OUT  » doit vouloir dire en gaellique « BIENVENUE ». La balade est superbe, le temps magnifique. A 17 h retour au port où une alléchante odeur de crêpes nous chatouille les narines ; une petite baraque propose des « pancakes », à l’anglaise c’est toujours un peu épais, mais quoiqu’ils servent, j’en salive. Surprise c’est un français qui les fait et nous avons droit à de véritables crêpes bretonnes. Servie la première, le temps  qu’il prépare celle d’Alain et malgré mon désir de l’attendre : j’ai tout englouti avant qu’il ne soit servi. Cela « m’oblige » à en demander une autre…. pour lui tenir compagnie. Les pubs se touchent, on cherche une table pour boire une bonne bière irlandaise, face à la baie, mais tout est plein (pas de touristes mais bien avec des irlandais) et les seules rares places disponibles sont pour manger ; c’est un peu tôt pour nous mais nous voila quand même attablés à 18 h pour déguster un « fish and chips » juste après nos crêpes : cela nous a fait une entrée originale. A côté de nous la terrasse du pub est tellement peuplée que les gens boivent debout, agglutinés, aussi serrés que dans le métro aux heures de pointe. Les malheureux qui ont réussi à s’asseoir face à la vue et au soleil n’ont plus que des « bas de dos »(restons polie) comme spectacle, bien à l’ombre mais avec quand même un avantage, ils sont à l’abri du vent qui s’est bien levé. 19 h retour au Thaï en se faisant un peu mouiller dans le zozo car le vent, passé au Nord-Ouest est assez fort et a levé du clapot ; le mouillage devient un peu plus inconfortable mais la nuit est plus calme malgré quelques averses.

Du 09/08/2015 au 11/08/2015

12 août 2015

Dimanche 9 Août : 58°51 N par 17°28 W à 18 h GMT = 127 milles en 24 h

Le vent enfin essoufflé, quoique toujours à 20 nœuds, a hésité toute la nuit entre travers et grand largue et Alain a dû constamment régler le régulateur d’allure qui ne suit pas un cap mais un angle donné par rapport au vent. Nous filons à plus de 6 nœuds dans une grande houle résiduelle de 3 à 4 mètres : c’est dire que nous roulons bord sur bord. Encore une épreuve « intéressante ». De nombreuses averses obligent Alain à mettre ciré et bottes et il râle : c’est plutôt rare ! Dans l’après-midi on est plein vent arrière et il faut tangoner mais le va-et-vient qui aide à passer l’écoute de génois s’est cassé. Alain choisit de grimper jusqu’aux barres de flèches où se trouve l’extrémité du tangon pour en repasser un et dans le roulis il faut vraiment bien se tenir. Mission accomplie… enfin presque ! car le bout s’est emmêlé avec le hale-bas et ne peut coulisser. A refaire. Il choisit alors de le déboîter de sa cloche mais avec sa longueur (6m50), son poids et le roulis c’est aussi un numéro d’équilibriste qu’il faut faire bien que cette fois je l’assiste. Encore une histoire de tangon et sous averses. Opération réussie et Thaï vogue fièrement, génois tangoné tribord, grand voile à 2 ris (on y va doucement sur le vit-de-mulet). On avance bien malgré une mer très forte, vent arrière 20 nœuds et du roulis.

Lundi 10 Août : 52°52 N par 14°20 w à 18 h GMT = 130 milles en 24 h

Allure royale : grand largue, 6noeuds, Thaï glisse sur l’eau sans trop de balancements. Le rêve, enfin ! Mais pas côté temps : la mer est grise, tortueuse, le ciel très bas lâche de nombreuses averses ; cette mer d’Irlande n’est pas très engageante. Mais le cap est bon, la vitesse aussi et dans l’après-midi le temps s’améliore. Thaï avance fièrement, à plus de 6 nœuds, voiles en ciseaux, grand voile haute. C’est beau. La mer devient moins « bosselée », les mouvements sont amples et moins heurtés. On est à 170 milles de notre point d’atterrissage la pointe DURSAY au Sud de l’Irlande que nous virerons pour aller sur Baltimore.

Mardi 11 Août : 52°09 N par 11°54 W à 18 h GMT = 101 milles en 24 h

Nuit très perturbée ; on est plein vent arrière et les réglages sont plus délicats pour éviter au régulateur de nous faire empanner. Là-dessus vient s’ajouter la visite des chalutiers : le détecteur de radar a sifflé presque toute la nuit et Alain a eu bien du mal à se « débarrasser » d’un chalutier espagnol avec lequel nous avions une route de collision. Étant toujours voiles en ciseaux et à 3 nœuds notre marge de manœuvre est assez faible. Mais tout c’est bien passé sauf le sommeil. Le vent très faible toute la nuit ne semble pas vouloir s’établir avec le jour qui se lève. Une petite houle de 50 cm (de la rigolade!) nous permet de mettre le moteur. Le temps s’améliore, le soleil fait de nombreuses apparitions, il ne pleut plus et il fait enfin un peu plus chaud. De plaisir on s’est offert un apéro dans le cockpit, mais j’avais quand même un bonnet et 3 polaires… Nous retrouvons avec une joie immense les fous de bassan et les dauphins.

Du 06/08/2015 au 08/08/2015

10 août 2015

Jeudi 6 Août : 55°30 N par 26°53 W à 18 h GMT = 148 milles en 24 h

On avance bien ; génois toujours bâbord, grand voile à 1 ris, artimon affalé. Temps gris, averses, roulis. En fin d’après-midi on se prépare pour le coup de vent annoncé pour demain : nous mettons nos harnais à nos vestes de ciré, je bloque tout dans la cuisine, il faut remonter l’hydrogénérateur, ranger le cockpit, replier les cagnards et même prendre un 2ème ris dans la grand voile. Une fois bien parés pour affronter le gros temps, le vent faiblit et … nous n’avançons plus ! il faut alors relancer un peu la machine mais le vent revient en début de nuit et bien comme prévu. Alain affale la grand voile et la cavalcade commence.

Vendredi 7 Août : 55°03 N par 23°49 W à 18h GMT = 116 milles en 24 h

« coup de vent » = d’après les instructions nautiques il est dit : 34 à 40 nœuds (62 à 74 km/h), auteur des vagues 5 à 6 m avec tourbillons d’écume à la crête des lames et traînées d’écume, force 8. Tout à fait ce que nous subissons ; nous sommes en plein dans la tourmente, foc minimum, artimon à 2 ris. On se fait balloter, secouer, submerger. Alain affale l’artimon. Plus question de tenir notre cap à 110 sinon on serait au près serré, de la folie dans ces conditions, aussi il met un peu plus d’angle pour se retrouver près bon plein toujours dans un extrême inconfort ; sinon il faut se mettre à la cape mais on perdrait beaucoup de « terrain ». On n’avance pas beaucoup mais quand même dans les 3,5-4 nœuds. Il n’y a plus qu’à faire le dos rond, attendre et surtout rester stoïques. On squatte nos couchettes et on ne dîne pas.

Samedi 8 Août : 54°36 N par 20°43 W à 18h GMT = 116 milles en 24 h

La mer est forte et çà souffle toute la nuit. Je commence à trouver le temps bien long ! Le vent adonne un peu, enfin, et de Sud passe progressivement au Sud-Ouest. Alain sort régulièrement ajuster le régulateur pour retrouver notre cap initial. Les conditions sont toujours difficiles, on saute le petit déjeuner. On se retrouve travers au vent et donc aux vagues. C’est un ballet de déferlements sur le pont (on renoue avec quelques fuites) avec de grands coups de boutoirs sur la coque. La capote est arrachée mais Alain peut la récupérer et la décrète réparable ; mais qu’est-ce qui n’est pas réparable avec Alain ? Une grande claque nous bouscule et nous bascule : les casseroles valsent, les livres s’envolent. Le baromètre est remonté  et çà commence à se calmer en fin d’après-midi ; on est grand largue et la situation est un peu plus gérable. Un peu secoués nous sommes tout de même très contents qu’il n’y ait pas eu d’avaries ni de problèmes majeurs.

Du 04/08/2015 au 05/08/2015

6 août 2015

Mardi 4 Août : 57°20 N par 34°32 W à 18 h GMT

Plus beaucoup de vent, mer plate et à 10 h Alain allume le moteur pour grignoter quelques milles. A 17h on est de nouveau sous voiles, artimon affalé. A 20 h le vent passe de Nord à Nord-Est et de grand largue on se retrouve travers, il faut détangoner ; on avance bien car la mer n’est pas trop creusée. Mais à 23h alerte : le bout du pilote va casser. Je dois prendre la barre et Alain à cheval à l’arrière sur le pilote, les fesses en l’air et la tête au ras de l’eau arrive à changer la commande du régulateur. Bravo Alain ! heureusement qu’il l’a vu à temps .

Mercredi 5 Août : 56°30 N par 30°45 W à 18h GMT

On a fait 138 milles en 24 h. Petit matin gris, un peu de pluie. Du vent, 2ème ris dans la grand voile, quelques tours dans le génois tangoné bâbord. On avance à 6-7 noeuds par un très fort roulis, c’est très désagréable et très inconfortable, plus la pluie = très mauvaise journée. Mais on avance bien et au cap…

LA VIE A BORD

6 août 2015

La vie à bord : 56°30 N par 30°45 W

Comment s’organise la vie à bord ?
Tout dépend du temps : ou il est clément ou nous sommes dans un gros coup de vent (qui est prévu vendredi). Dans les deux cas nous sommes comme sur un sol mouvant et le corps doit compenser en permanence pour garder l’équilibre. Cela se fait donc plus ou moins en douceur.

LES TOILETTES
Le plus grand exercice « sportif » est l’épreuve des toilettes surtout dans le gros temps où même un tout petit pipi demande un réel talent ; il faut toujours avoir une main qui s’accroche quelque part. Donc de l’autre main il faut ouvrir la porte, assez lourde, et bien la tenir car suivant les mouvements du bateau elle a tendance à claquer sur la cloison en face ou à se refermer sur les doigts. Une fois dans la place, heureusement étroite, il faut éviter de se cogner au lavabo ou à l’échelle de bain stockée à cet endroit. On est toujours cramponné d’une main donc il ne reste qu’une main de libre pour baisser un à un les nombreux effets accumulés pour lutter contre le froid : collant, jogging, sur-pantalon, sur-sur-pantalon….Une fois assis (ouf!)il resta à se débattre avec le rouleau de papier toilette et de refaire les opérations en sens inverse, toujours d’une main, en espérant que tout ne se soit pas « bouchonné » sur les genoux. Et, aie ! attention aux doigts dans la porte en sortant. Un conseil, pour éviter une trop grande fréquentation de ces lieux : ne pas trop boire !

LES REPAS
Par tous les temps, il vaut mieux manger assis par terre dans la coursive, à moins de se sentir assez adroit pour éviter que l’assiette ne glisse intempestivement ou que le verre ne se renverse sur la table. De plus par gros temps c’est plus pratique de manger dans des bols, les rebords sont plus haut mais attention quand même pour boire la soupe, car sur un coup malencontreux de roulis le bouillon peut vite vous remplir le nez. Il faut avoir des bras sur cardan comme le réchaud. Et par très gros temps, on ne mange pas : on grignote fruits secs et biscuits au fond de la couchette.
L’ALIMENTATION ?
On peut soutenir un siège : les boîtes de conserve sont nombreuses et variées, plus pâtes, riz et purée ; on ne manque de rien sauf d’un bel aloyau et de quelques légumes frais. Fruits au sirop et crèmes dessert sont en grande quantité.
L’EAU
Il faut l’économiser au maximum. Pâtes et riz sont cuits avec 1/3 d’eau de mer (au large) et on lave la vaisselle également à l’eau de mer ce qui n’est pas un problème sauf la température pour nos petites mains quand nous naviguons au milieu des glaçons. La lessive ? On n’en fait pas ; on attend d’être dans un port ou près d’un torrent. La douche : la même chose exception de quelques ablutions dans le cockpit quand la température extérieure le permet. Le Groenland manque d’eau et à part un robinet à Qaqortok et deux torrents dans nos mouillages nous n’avons pu nous réapprovisionner. Les Inuits en ont bien sûr pour leur quotidien mais c’est très contrôlé.
LE SOMMEIL
C’est le plus dur à gérer. En haute mer, loin de tout trafic maritime on branche le détecteur de radar et on ne fait pas vraiment de veille Alain surveillant de temps en temps cap et vitesse mais les mouvements constants du bateau et le bruit du vent et des vagues ne se prêtent tout de même pas à un repos serein. La navigation côtière, elle, nécessite des quarts attentifs : 2h debout, 2h au lit (ce qui ne veut pas dire pouvoir dormir). Il faut gérer le temps, la mer, les voiles, les cargos, les chalutiers (les plus difficiles à surveiller car ils n’ont pas de cap constant) et surtout le manque de sommeil.
LE FROID
La moyenne a été, tant en Islande qu’au Groenland, entre 5 et 14°. On s’habitue très vite. Il faut quand même bien se couvrir mais les vêtements chauds actuels sont très efficaces. J’accumule toutefois un certain nombre de couches : on pourrait me surnommer « Madame Michelin ». L’humidité ambiante, par contre, est plus gênante car dans cet air marin rien ne sèche.

Du 02/08/2015 au 03/08/2015

4 août 2015

Dimanche 2 Août : 58°44 N par 41°17 W à 18 h GMT

Nous prenons désormais comme référence l’heure GMT. La nuit a été calme, belle et fatigante car l’alternance veille-sommeil n’est pas évidente. Nous sommes toujours au moteur ; Thaï va-t’il encore se souvenir que sa qualité première est d’être un voilier ? Nous n’avançons pas vite mais on grignote quand même quelques milles. A 14 h le vent s’établit, plein Nord, 10 noeuds et ThaÏ peut enfin naviguer toutes voiles dehors, grand largue, tangonné bâbord. On ne pouvait pas rêver meilleur début pour s’amariner en douceur et retrouver nos « jambes de mer ». Dans la soirée le vent forcit un peu et pour passer une nuit tranquille Alain prend un ris dans la grand voile et quelques tours dans le génois ; car plus question de quart ! On est seul sur cette portion d’Atlantique Nord, on restera donc sous la couette (détecteur de radar quand même allumé !). Alain , d’un oeil, surveille cap et vitesse sur le GPS fixé au-dessus de sa tête et sort quand même 2 à 3 fois humer le bon air marin.

Lundi 3 Août : 58°00 N par 37°46 W à 18 h GMT

On a parcouru 121 milles ce qui nous met l’Irlande à 9 jours si on maintient ce rythme. Bien sûr il faut tenir compte des caprices de la météo. Pour le moment c’est plutôt de la balade, le vent faiblit, on est travers au vent, pas vite et juste un peu bousculé par la houle. Mais quelle différence avec nos traversées précédentes. Toutefois il ne faut pas s’emballer : la route est encore longue.

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